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Le blog s'améliore...

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Nous nous efforçons d’améliorer peu à peu la présentation de notre blog des amis de Georg Lukács.

Tous les textes de Lukács sont désormais regroupés dans les « pages » sous la rubrique « textes de Georg Lukács ».

On retrouvera dans cette rubrique tous les textes que nous avons traduits.

Les textes relatifs à la littérature russe, que nous avions jusqu’à présent publiés séparément, sont maintenant regroupés sous le titre Le réalisme critique dans la littérature russe du XIXe siècle, avec un lien vers un PDF téléchargeable.

Pour les autres textes, nous avons substitué aux formats HTML un lien vers des PDF téléchargeables, plus commodes pour le lecteur qui souhaiterait étudier ces textes, y effectuer des recherches, etc…

Les textes déjà publiés en français dans des livres ou des revues, parfois introuvables, sont accessibles par la page « autres textes de Lukács disponibles sur Scribd » qui est un menu vers des PDF téléchargeables.

Le webmestre

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Controverse entre amis sur l’Ontologie de Lukács

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Recension critique.

Après avoir lu L’ontologie de l’être social et les Prolégomènes, pour une part dans la version publiée par les éditions Delga, et pour la première partie de l’Ontologie dans la traduction encore inédite de Jean-Pierre Morbois, Jacques Lederer publie à l’Harmattan un petit pamphlet intitulé :

L’ontologie écartelée de Georges Lukács
humble remontrance à un grand marxiste.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42360

Ce texte émane d’un ami, par ailleurs grand admirateur de la pensée de Lukács, notamment en matière d’esthétique, disciple du Professeur Nicolas Tertulian à l’EHESS. Il n’est donc pas question ici de mettre en cause l’honnêteté de son auteur, ni la sincérité de sa fidélité affirmée à la pensée marxiste.

Il a abordé l’Ontologie avec un préjugé favorable, « tant les ouvrages qui l’avaient précédé réglaient leur compte de façon lumineuse aux principaux courants réactionnaires de la pensée contemporaine », mais au fil des pages, il s’est senti mal à l’aise avec « l’approche ontologique » qui recèle selon lui d’« insolubles contradictions », avec « la catégorie même de l’ontologie… étrangère à l’esprit du marxisme. »….

Lire la suite…
http://fr.scribd.com/doc/213657362/Controverse-Entre-Amis

Lire le texte de Jacques Pollak-Lederer :
https://fr.scribd.com/doc/253167184/Jacques-Pollak-Lederer-Ontologie-Ecartelee-de-Lukacs

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Parution d'un ouvrage sur La réification

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Vient de paraître :

CHANSON Vincent, CUKIER Alexis, MONFERRAND Frédéric (dir.), La réification : histoire et actualité d'un concept critique, La Dispute, coll. Philosopher, 2014, 396 p. 28 euro ISBN 9782843032493

http://ladispute.atheles.org/philosopher/lareification

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Parution chez Klincksieck du livre de Pierre Rusch L'Œuvre-monde

Publié le par max92

http://www.klincksieck.com/livre/?GCOI=22520100609400&fa=description#.Un6uwZ7h7S4

À partir de l'œuvre du dernier Lukács (1885-1971), cet essai vise à dégager quelques axes directeurs d'une pensée intégrée de l’homme, de la société et de la culture. La préoccupation majeure est de restituer cohérence et dignité à une réalité toujours plus morcelée : la vie quotidienne, lieu de toutes les aliénations, contient aussi en germe les formes d’activité les plus exigeantes et les plus rigoureuses. L’histoire montre certes comment ces sphères (spécifiées en religion, philosophie, droit, art, science, technique) se différencient et s’autonomisent progressivement, forgeant une nécessité propre qui vient se superposer à leurs fonctions sociales. Mais l’exigence morale s’accroît parallèlement de réintégrer toutes les avancées de l’esprit humain, et le souvenir de son histoire, dans une conscience commune de l’humanité. L’œuvre d’art a ici une valeur paradigmatique, dans sa capacité à créer des mondes démarqués du monde vécu, à la fois témoignages et revendications.

Pierre Rusch est philosophe, traducteur et enseignant. Son travail porte plus particulièrement sur la pensée allemande de l’entre-deux guerres et les représentants d’un marxisme non exclusif (Walter Benjamin, Max Raphael, Carl Einstein), avec pour thématique dominante l’intégration philosophique de l’anthropologie. Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, présentée en 2008 à l’ÉHESS.

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Appel aux éditeurs : il faut rééditer Lukacs !

Publié le par max92

Si l’on pense avec le webmestre du blog des amis de Georg Lukács que retrouver la pensée marxiste est une condition indispensable pour la compréhension du monde contemporain, comment peut on s’expliquer que le grand philosophe marxiste que fut Georg Lukács, le philosophe marxiste le plus important depuis Lénine selon son exégète italien Guido Oldrini, soit si mal édité en France, alors qu’il suscite un vif intérêt en Italie et en Amérique Latine.

Assurément, les conditions propres à la France, la captation de Lukács par Lucien Goldmann qui ne veut rien savoir du Lukács d'après Histoire et conscience de classe, le poids de la pensée althussérienne ont constitué un obstacle à la diffusion de ses œuvres. Mais tous ceux qui aspirent à retrouver un marxisme authentique, vivant, débarrassé de tous les préjugés des périodes précédentes, fondé sur la philosophie matérialiste dialectique, trouveront dans l’œuvre de Lukács de quoi nourrir leur réflexion.

Depuis qu’il a commencé son travail de traduction, le webmestre du présent blog dispose de près de 4000 pages de textes dactylographiés. Sur ce total 1100 environ, représentant 2 tomes de L’ontologie de l’être social, ont été publiées chez Delga. Le troisième tome (573 pages dactylographiées) devrait paraître un jour, sans que nous ayons d’assurance sur la date de parution.

Deux livres épais, qui ne sont pas non plus en ligne, pourraient également voir le jour :

  • En critique de l'idéologie fasciste (zur Kritik der faschistischen Ideologie) pour lequel un éditeur s'est déclaré intéressé, et qui pourrait donc être un jour publié sans que nous ayons d’assurance sur la date. 516 pages.
  • Prolégomènes à l'esthétique (Über die Besonderheit als Kategorie der Ästhetik) 348 pages, qui devrait paraître à l’automne 2014, selon l’éditeur préssenti.

Au total, 2600 pages dactylographiées semblent avoir trouvé preneur. Restent environ 1400 pages que l’on peut trouver sur le blog.

Tous les textes de Lukacs (et le livre de Lifschitz) publiés sur ce site (dans les "pages") ou accessibles (sur "scribd" par les liens) sont disponibles pour une éventuelle publication, soit dans une revue, soit sous forme de recueils.

On pourrait par exemple imaginer un recueil d'articles sur le fascisme (291 pages), ou un recueil consacré au réalisme critique dans la littérature russe du XIXe siècle. (435 pages) ou un livre sur l'esthétique de Schiller (140 pages).

Il suffit pour cela de prendre contact avec le webmestre qui se fera une joie d'adresser le PdF, puis le fichier Word, à l'éditeur qui serait intéressé, charge à lui d'acheter les droits du texte, et de procéder aux éventuelles corrections typographiques. Le traducteur souhaite seulement qu’on lui indique, pour la publication, une date de principe. Il ne demande aucune rémunération, autre qu'un spécimen du texte publié.

Pour nous contacter, envoyer un message à

amisgeorglukacs@orange.fr

Merci.

 

 

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Parution des actes du colloque Lukacs de Budapest, octobre 2010

Publié le par max92

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=39972

 

TABLE

Présentation

Pierre Rusch                                                                                 7

Ce que l’on peut conserver de Georg Lukács

Ágnes Heller                                                                               11

I.                   LUKÁCS ET L’ÉTHIQUE

Tragédie et Modernité chez  Lukács

Jean-Loup Thébaud                                                                    31

Voyage sans rerour. Le Virage de Lukács et la question éthique

Ottó Hévizi                                                                                 49

De Dostoïevski à Marx – La genèse de l’Éthique

NicolasTertulian                                                                         61

II.                LUKÀCS ET L’ESTHÉTIQUE

Esthétique — Révolution – Esthétique

MihâlyVajda                                                                               81

Lukács : La littérature à la lumière de la théorie critique du réalisme.

Guido Oldrini                                                                             93

Critique de la doxa moderniste. Pertinence contemporaine et limites méthodologiques.

Gabriel Rockhill                                                                        111

La particularité comme catégorie de la localité.

Zsolt Bagi                                                                                 135

III.             LUKÁCS ET LA RAISON DANS L’HISTOIRE

Philosophie de l’histoire et conception du temps. Marx ; Lukács, et nous

Franck Fischbach                                                                      155

En défense de La Destruction de la raison.

Jénos Kelemen                                                                          177

Le statut de la philosophie dans le dernier système de Lukács.

Pierre Rusch                                                                               189                                                                           

IV.            LUKÀCS ET L’ONTOLOGIE

L’Ontologie de l’être social et sa réception.

Jean-Pierre Morbois                                                                  207

Les catégories modales dans l’Ontologie de Georg Lukács – une confrontation avec Nicolai Hartmann et Ernst Bloch

ClaudiusVellay                                                                         227

Être parmi les choses. L’ontologie de Lukács dans une perspective contemporaine.

ÁdámTakács                                                                             243

L-actualite-de-Georg-Lukacs.jpg

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Parution de 1er volume de l'ontologie en Portugais

Publié le par max92

Nos amis brésiliens nous annoncent la parution, chez Boitempo, du premier volume de l'ontologie de l'être social en langue portugaise, regroupant les 4 premiers chapitres, qui restent encore à publier en français, puisque les deux volumes parus chez Delga couvrent la deuxième partie de l'oeuvre :

Para uma ontogia der ser social
Table des matières de la première partie
Introduction
I. Néopositivisme et existentialisme
  1. Le néopositivisme
  2. Digression sur Wittgenstein
  3. L’existentialisme
  4. La philosophie du présent et le besoin religieux
II. L’avancée de Nicolas Hartmann vers une véritable ontologie
  1. Principes structurels de l’ontologie de Hartmann
  2. Pour une critique de l’ontologie de Hartmann
III. Fausse et véritable ontologie de Hegel
  1. La dialectique de Hegel dans le terreau des contradictions
  2. L’ontologie dialectique de Hegel et les déterminations réflexives
IV. Les principes ontologiques fondamentaux de Marx
  1. Questions méthodologiques préalables
  2. Critique de l’économie politique
  3. Historicité et généralité théorique

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Ontologie de l'être social, chapitres Idéel et idéologie, Aliénation

Publié le par max92

Ontologie Ideologie AliénationAprès avoir publié en 2009, les Prolégomènes à l'Ontologie de l'être social, et en 2011, Ontologie de l'être social, le travail, la reproduction, les éditions Delga poursuivent leur travail d'édition de l'oeuvre de Georg Lukacs, avec

Ontologie de l’être social - L’idéologie - L’aliénation

dans une traduction de Jean-Pierre Morbois révisée par Didier Renault.

La parution a eu lieu à l'occasion du salon du livre, porte de Versailles1 place de la Porte de Versailles, 75015 Paris, France, du 16 au 19 mars 2012

Les 4 chapitres le travail, la reproduction, l’idéologie, l’aliénation  constituent la deuxième partie de l'Ontologie de l'être social,  celle consacrée aux problématiques les plus importantes.
La première partie, intitulée La situation actuelle du problème, comporte quant à elle 4 chapitres. Sa parution est prévue en un volume, l'année prochaine, à la même époque :
Table des matières de la première partie
Introduction

I. Néopositivisme et existentialisme
II. L’avancée de Nicolas Hartmann vers une véritable ontologie
III. Fausse et véritable ontologie de Hegel
IV. Les principes ontologiques fondamentaux de Marx

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Nicolas Tertulian - Le dernier Lukács : Pensées prémonitoires.

Publié le par max92

                          Présentation du "testament politique" de Lukács

Cites392009
Lukács avait 86 ans, il était atteint d’une maladie grave : un cancer au poumon, les forces commençaient à le quitter, au point qu’il n’arrivait plus à lire et à corriger le manuscrit de son dernier travail philosophique : Prolégomènes à une ontologie de l’être social, achevé en automne 1970, lorsqu’il a accepté la sollicitation des instances dirigeantes de son Parti à donner son point de vue sur la situation politique en Hongrie et dans les pays du « socialisme réel ». L’enregistrement de son interview n’est devenu public que vingt ans plus tard : c’est seulement en avril 1990 que la revue Tarsadalmi Szemle, organe théorique du parti communiste hongrois, publication qui dans le passé avait vivement attaqué Lukács pour son révisionnisme, a sorti le texte de sa relégation dans les archives du Parti et l’a fait paraître sous le titre « Le Testament politique de Lukács ». Un parti politique aux abois, défait par la marche implacable de l’histoire (le mur de Berlin est tombé en novembre 1989), s’est subitement rappelé les avertissements et les critiques prodiguées à son endroit par un de ses membres les plus anciens, acteur de premier plan de la Commune hongroise de 1919, par ailleurs aussi un philosophe très célèbre, et a cru pouvoir à la dernière heure sauver ses meubles en faisant état d’un programme d’authentique régénération démocratique des sociétés de l’Est avancé par celui que le même Parti avait condamné pendant des décennies à la marginalité et à l’ostracisme. On peut rappeler qu’une situation analogue s’est produite avec un autre manuscrit à caractère politique de Lukács : il s’agit du texte élaboré entre l’été et l’automne de l’année 1968, suite aux événements du « printemps de Prague » (Lukács avait protesté dans une lettre adressée au chef du Parti, János Kadar, contre la participation de la Hongrie à l’invasion soviétique), texte portant le titre « Demokratisierung heute und morgen » (traduit en français en 1989 aux Éditions Messidor sous le titre « Socialisme et démocratisation ») : le texte confié par Lukács à son Parti n’a pas reçu l’imprimatur, jugé dangereux par les instances dirigeantes, il a été gardé au secret dans les archives du Parti,  et c’est seulement vingt ans plus tard, en 1988, qu’il a été édité aux éditions Magvedo Kiado, accompagné cette fois des commentaires élogieux du journal du Parti Nepszabadsag (un article sur une page entière portant le titre « Prophétie attardée ? Le testament de György Lukács »). Les dirigeants d’un Parti qui auparavant n’a pas cessé de traquer Lukács pour ses différentes « hérésies », découvrent subitement (hélas ! il était trop tard) la justesse de ses vues politiques, à commencer avec celles exprimées dans ses fameuses « thèses Blum », le programme du Parti élaboré par Lukács en 1928, préconisant une voie démocratique de passage au socialisme, programme rejeté par l’Internationale Communiste et par Béla Kun comme « droitier » : István Mészáros cite dans son livre Beyond Capital un article publié au printemps 1989 par un des dirigeants du Parti, Resző Nyers, futur Président du Parti rénové, qui affichait sa solidarité avec la ligne politique défendue depuis des décennies par Lukács. Mais le rouleau compresseur des événements a rendu caduques ces tentatives qui à l’évidence arrivaient trop tard, le mal était trop radical pour qu’on puisse contenir la révolte contre le système, les vues prémonitoires de Lukács sur la profondeur de la crise qui frappait les sociétés du « socialisme réel » vont trouver une confirmation qui va dépasser de loin ses pressentiments.
Pour revenir au texte de l’interview accordée par Lukács en janvier 1971, quelques mois avant sa disparition, la sévérité de ses jugements sur les dysfonctionnements structurels des sociétés du « socialisme réel », en particulier la virulence de ses propos sur la crise de la démocratie et la survivance du funeste héritage du « stalinisme », n’ont pas de quoi surprendre chez un philosophe dont le trajet intellectuel a été traversé du combat pour faire vivre l’inspiration originelle du marxisme. Le socialisme n’était concevable pour Lukács qu’en tant qu’aboutissement de la démocratie, un socialisme sans démocratie, plus précisément qui aurait été autre chose que la radicalisation des revendications démocratiques, lui apparaissait comme une perversion irrémédiable de la pensée de Marx. Sollicité par son Parti à donner son point de vue sur la ligne politique suivie par le régime en place, le philosophe fait d’abord entendre sa colère devant le monstre historique édifié dans son pays par le régime stalinien de Mátyás Rákosi. On perçoit dans son réquisitoire l’expérience vécue par un ancien communiste, confronté à une oligarchie du Parti qui a usurpé le programme du socialisme pour instituer une société despotique et totalitaire : le procès Rajk  a été à l’évidence une expérience cruciale, le « testament politique » y insiste à juste titre, car aux yeux de Lukács c’était une expression paroxystique des dérives criminelles du régime stalinien. Il faut se souvenir qu’en 1949-50, objet lui-même d’un procès idéologique pour ses concessions à l’idéologie bourgeoise et minimisation de la portée du « réalisme socialiste » soviétique, procès qui faisait suite précisément à l’« affaire Rajk », il s’est vu traité dans la presse du Parti de « Rajk de la culture », tandis que Fadéev dans la redoutable « Pravda » le dénonçait pour ses collusions avec l’Occident bourgeois. Ce sont des choses qu’on n’oublie pas : Lukács a connu les pratiques du stalinisme du dedans, incrustées dans sa chair, le fait que le régime de Rákosi a condamné à mort László Rajk, dont Lukács ne cesse d’affirmer qu’il était un « rakosiste orthodoxe » (et non un « opposant », comme c’était le cas lors des « procès de Moscou », avec Zinoviev ou Boukharine, procès qu’il qualifie non moins d’« abominations » : cf. « Pensée vécue Mémoires parlées », p.148), lui apparaît comme un exemple-limite de la perversion du régime.
Lukács pourfend dans le « socialisme » de type stalinien la perpétuation des pires traditions du passé : il est remarquable de voir comment il établit dans son « testament politique » une continuité entre les traditions non-démocratiques dans l’histoire sociale de l’Europe (la « voie prussienne », par exemple, opposée à celle issue de la Révolution française) et les pratiques autocratiques des régimes staliniens. Celui qui n’a cessé de déplorer la « faiblesse sociale des mouvements radicaux » dans son pays, la Hongrie, cherche ses points d’appui pour la souhaitée régénération démocratique du socialisme dans la reviviscence des traditions incarnées par les noms de Petöfi, de Ady Endre et de Jószef Attila, et, last but not least, de Béla Bartók, représentants à ses yeux de la démocratie radicale.
L’atrophie, jusqu’à l’anéantissement, des pratiques démocratiques dans les pays du « socialisme réel » est l’objet d’une critique sans ménagements. Le « testament » pointe le surgissement des grèves « sauvages » comme la contrepartie de l’absence d’une vraie démocratie ouvrière (Lukács a saisi la portée du mouvement des ouvriers de Gdansk, qui va mener à la création du premier syndicat indépendant dans les pays de l’Est, Solidarność). Ses avertissements étaient destinés à ouvrir les yeux de la bureaucratie régnante sur les conséquences catastrophiques de ses pratiques. La sympathie qu’il témoigne à la personne de János Kadar ne l’empêche pas de contester vivement l’existence de la démocratie sous son régime. Sans doute, il ne cache pas non plus ses réserves à l’égard de Imre Nagy, mais il n’oublie pas de rappeler qu’il a opposé une catégorique fin de non-recevoir aux injonctions de ses inquisiteurs soviétiques et roumains, qui lui demandaient de se désolidariser du leader de l’insurrection de 1956, lorsqu’ils étaient internés ensemble dans une villa près de Bucarest.
L’auteur de l’Ontologie de l’être social, son grand ouvrage posthume, n’avait donc pas tort de considérer qu’il incarnait un tertium datur entre un communisme sectaire et dogmatique et la social-démocratie : contre les partisans d’un socialisme instauré par les moyens dictatoriaux, pratique commune aux régimes des « démocraties populaires » de type stalinien, il a défendu la voie des « transitions organiques », fondées sur la persuasion et la libre adhésion ; il a été effectivement, comme il s’auto-définissait dans son interview autobiographique, un « communiste d’un type particulier », celui qui affirmait la priorité absolue de la démocratie, en considérant le socialisme comme une simple « possibilité », qui demande un ensemble complexe de conditions, dont la première est le libre choix, pour arriver à se réaliser.

                                                                                          Nicolas Tertulian
Le texte de ce Testament politique est accessible ici :

http://fr.scribd.com/doc/114112734/Georges-Lukacs-Testament-politique

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sur les archives Lukacs.

Publié le par max92

Nous avons reçu de Budapest le message suivant :

À tous ceux qui, au cours des 30 années passées, ont travaillé aux archives Lukács, ont eu besoin de la collaboration des archives dans leur travail, ont soutenu leur activité, ou se sont tout simplement intéressés aux causes défendues par Georg Lukács.

Chers amis, amies, et collègues,

Les archives Lukács ont cessé hier leur activité scientifique et éditoriale.

Après deux années de conflit, les collaborateurs scientifiques des archives (ceux qui restaient encore) ont, dans le cadre formel de la réforme en cours à l’Académie (il s’agit de l’académie hongroise des sciences) été mutés hors des archives et chargés, à la bibliothèque centrale de l’Académie des Sciences, à laquelle les archives sont subordonnées à compter du 1er janvier 2012, de tâches ordinaires de bibliothécaires, avec comme justification qu’il n’y a pas de place, à la bibliothèque centrale de l’Académie des Sciences, pour un travail scientifique.

Vous pouvez toutefois, si vous avez des questions ou des demandes à caractère philologique ou textuel, continuer à vous adresser à notre collègue Maria Székely, qui y répondra comme par le passé avec compétence et serviabilité.

Budapest, le 22 décembre 2011

Les collaborateurs des Archives Lukács, qui vous font, par la présente, leurs adieux.

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